« Miroir, mon beau miroir, dis-moi ce que l’on pense de la réserve du Pinail ? » Cette question, bien loin des contes de fées qui font appel à un certain égo, représente pour GEREPI une volonté de rechercher un « nous » plutôt qu’un « je ». Comment améliorer la place de la réserve sur son territoire ? Comment créer ou renforcer les liens avec les acteurs locaux, les habitants ? Comment susciter l’intérêt jusqu’à l’implication de la population locale ? Etc. C’est pour tenter de répondre à cet enjeu d’ancrage territorial ou d’appropriation locale qu’un travail d’enquête a été mené de 2025 à 2026 en partenariat avec Réserves Naturelles de France. Les résultats présentés ci-dessous constituent un socle de connaissance essentiel pour mieux intégrer la gestion de la réserve naturelle du Pinail dans les prochaines années.

La réserve, les habitants et les touristes
Pendant près d’un an, 254 personnes ont répondu à un sondage de 30 questions portant sur leur connaissance, leur usage et leur perception du site (merci à tou.te.s les participant.e.s dont 85% sont originaires de la Vienne). Le diaporama ci-dessous présentent tous les résultats mais pour aller à l’essentiel, voici les principaux enseignements :
- La réserve naturelle du Pinail est connue par 85% des sondé.e.s
- Bien que comprise et acceptée, la règlementation demeure méconnue (62%)
- 1 personne sur 5 n’a jamais visité la réserve, parcouru son sentier de découverte
- Pour celles et ceux qui fréquentent le site, son aménagement, sa valorisation et ses activités sont qualifiées de très satisfaisantes à satisfaisantes (> 90%)
- 4 personnes sur 5 apprécient la gestion de la réserve et savent qu’elle est le fruit du travail de l’association GEREPI
- Des améliorations sont attendues principalement en matière de communication, d’infrastructures d’accueil et d’activités de découverte
- La réserve naturelle du Pinail revêt un attachement fort pour 60% des sondé.e.s
La réserve et les acteurs locaux
Un Diagnostic d’Ancrage Territorial a été réalisé auprès de 30 partenaires de GEREPI : chacun d’entre eux a été rencontré pour questionner leur degré de connaissance, d’intérêt et d’implication dans la réserve. Mené en 2025, ce travail objectif a permis de révéler les points forts et les points faibles de la gestion du site, une vision complémentaire de l’enquête de perception des habitants et touristes.

Les résultats du diagnostic d’ancrage territorial révèlent une vision positive de la réserve naturelle du Pinail et de son gestionnaire sur le territoire : 83% y voient un bénéfice et 77% un bon enracinement local. Dans le détail, des disparités apparaissent avec une certaine méconnaissance du périmètre du site, des activités pédagogiques proposées aux publics ou encore des outils de communication. Malgré cela, les partenaires semblent fréquenter assez régulièrement la réserve et leur intérêt comme leur implication sont globalement partagés. Toutefois, il ressortirait une relative difficulté d’acceptation ou d’articulation avec les chasseurs et dans une moindre mesure avec le voisinage immédiat, reflet de la réglementation de la réserve instaurée depuis 1980 puis de sa fréquentation augmentée en 2020.
Les diverses questions thématiques permettent une analyse plus fine des résultats, visibles sur les graphiques ci-dessous (les graphiques en « toile d’araignée » se lisent de la manière suivante : chaque angle correspond à une question, un domaine, et la position de résultats est croissante de l’intérieur [-] vers l’extérieur [+]). Des propositions d’amélioration ont ainsi émanées des différents points de vue des partenaires selon 3 axes : les relations locales pour une meilleure articulation avec les usagers, la communication pour un meilleur intérêt jusqu’à une implication des acteurs, et les activités de découverte pour une meilleure attractivité des publics (rapport complet : DAT-RNN-Pinail-2025-Rapport-technique-T.Legrand.pdf).




Merci à Réserves Naturelles de France et la LPO France pour cette méthode novatrice, et surtout à Tanguy Legrand, stagiaire de Master 2 en géographie à l’université de Poitiers en charge de ce travail. Projet financé par le Fonds vert de l’Etat à l’échelle de la région Nouvelle Aquitaine, en cours de déploiement en France dans le réseau d’aires protégées.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.