Le Pinail, un site mondial RAMSAR pour les zones humides ?


Avec ses mares et tourbières, prairies et landes humides, sources et cours d’eau, le Pinail forme une vaste zone humide. Située sur un plateau surplombant la Vienne et le Clain, le site que l’on appelle également la petite forêt (en distinction de la grande forêt de Moulière), héberge plus 2 5OO espèces de végétaux, animaux et champignons. Cela lui a valu d’être intégré au réseau national des Réserves Naturelles de France (140 ha) et au réseau européen Natura 2000 (925 ha). Depuis plusieurs 10aines d’années, les acteurs du territoire assurent ainsi une gestion durable de cet espace en conciliant préservation de l’environnement et activités humaines. Ce travail et cette richesse écologique amènent aujourd’hui à envisager d’intégrer un nouveau réseau : les sites mondiaux RAMSAR.

RAMSAR c’est quoi ?

RAMSAR est un traité intergouvernemental en faveur de la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources. Depuis 1971, cette convention mobilise plus de 160 pays du monde où des dynamiques de territoire sont engagées pour préserver et valoriser des sites emblématiques, des zones humides d’importance mondiale. En France, 49 sites bénéficient actuellement d’une telle reconnaissance comme la Camargue, la Baie de Somme ou encore les Etangs de la Brenne.

Le label RAMSAR est un outil de valorisation, de reconnaissance. A la différence d’autres outils de protection réglementaire comme les réserves naturelles, il n’entraine pas de restrictions des usages. Il engage cependant les parties prenantes à allier préservation du patrimoine naturel et activités humaines comme la sylviculture, le tourisme, la chasse, etc. C’est donc une dynamique locale de développement durable, un projet de territoire où la nature, l’eau et la biodiversité sont au cœur des réflexions. Une mobilisation locale qui répond à un enjeu mondial !

Et alors au Pinail ?

Pour qu’un site prétende au label RAMSAR, il faut (1) répondre à des critères écologiques et (2) fédérer les acteurs du territoire.

Pour le volet écologique, les milliers de mares et les multiples espèces protégées ou menacées de disparition font du Pinail un site emblématique, une zone humide dont les enjeux dépassent les frontières de la Vienne, de la Nouvelle-Aquitaine, de la France et de l’Europe. Par exemple, les libellules du genre Leucorrhine sont des espèces inscrites sur la liste rouge mondiale des espèces menacées. C’est un des critères d’éligibilité RAMSAR : héberger des espèces aquatiques à enjeu mondial.

Pour le volet territoire, une démarche d’animation de projet est en cours de mise en œuvre par GEREPI avec les propriétaires, gestionnaires, usagers et collectivités. Par exemple, les quatre communes se partageant le Pinail sont mobilisées autour du projet : Bonneuil-Matours et Vouneuil-sur-Vienne pour le territoire de Grand Châtellerault, et Dissay et Beaumont Saint-Cyr pour le territoire de Grand Poitiers. Marquée par une réunion publique d’information, cette consultation conduira à établir si le territoire partage l’intérêt d’engager le Pinail dans le réseau mondial des zones humides RAMSAR.

Pour rentrer dans le détail, il est envisagé que le site Natura 2000 « Landes du Pinail » (comprenant la Réserve naturelle, une partie de la forêt domaniale gérée par l’ONF ainsi qu’une propriété forestière privée), soit proposé au label RAMAR. Le comité de suivi et le document de gestion durable RAMSAR seraient ainsi associés au dispositif N2000 et GEREPI se verrait confier la coordination de la zone humide : un engagement en toute simplicité.

Mais pourquoi tant d’attention sur les zones humides ?

Le Pinail est un exemple emblématique des services que jouent les zones humides ainsi que des menaces qui ont pesées et pèsent sur elles. Pour bien comprendre ce qui est en jeu, la meilleure solution est de participer aux animations gratuites proposées tout au long de l’année par GEREPI ou bien de parcourir librement le sentier de découverte de la réserve naturelle.